Le bilan du SDR : Echec et Match.

Publié le par Thibaut - @OdaïrFortès7Fan

Une saison de plus qui se termine, un bilan de plus à lire en bon supporter rouge et blanc malgré les résultats pénibles de ces dernières années. Mais quand on aime, c'est pour le meilleur...et parfois le pire non ? Avouons que le pire arrive un peu trop souvent à Reims...

Les deux promus (Strasbourg et Amiens) ainsi que le barragiste troyen méritent leur position. Cela ne s'est pas joué à grand chose dans ce sprint à six équipes, emballage final qu'à bien entendu manqué le Stade de Reims. Et cela n'en est que justice. Ces six formations ont en effet marqué chacune au moins 14 buts de plus que le SDR. Nos 42 buts marqués cette saison n'auront pas suffit. En effet, rendons-nous compte que pour atteindre le total de 23 réalisations du buteur de l'ESTAC, Adama Niané, il a fallu additionner les buts de cinq rémois ! (Chavarria 7 - Kyei 6 - Oudin 4 - Diego 4 - Baldé 2). Pourquoi ? C'est tout simplement dû à l'incapacité du staff autour de Michel Der Zakarian de réussir à créer une animation digne de ce nom, aux manques criants de qualités techniques et mentales devant le but, à une certaine malchance (record européen de poteaux) mais aussi à une mauvaise analyse de la direction qui s'est empêtrée à resigner certains joueurs bouillis et n'en n'ayant pas grand chose à faire du club. Der Zakarian, homme de devoir, était sensé redonner vie à ce groupe, à lui transmettre une envie, une rigueur afin de répondre à l'objectif initial fixé, la montée.

Outre un championnat limité malgré quelques moments plaisants tels le derby troyen avec un grand Baldé, la victoire à la Meinau, l'hommage à la légende Raymond Kopa, le match amical mais fort en symboles face au Réal, il ne faut pas oublier les traditionnelles éliminations piteuses en Coupe de la Ligue et Coupe de France. Là dessus au moins nous sommes réguliers ! L'inexpérience d'un Guégan ou d'un Vasseur ne peut être une excuse, Der Zak étant rodé. La preuve, il a été demandé par un club de l'élite, Montpellier (après Sigthorsson et Baldé, souhaitons bonne chance à Steven Mounié... un conseil casse-toi vite !) pour muscler un groupe jouant souvent en dilletante. En lecteurs avisés et fidèles que vous êtes, vous savez que je ne loue en rien les qualités tactiques de MDZ, tactiques dépassés même en L2. Pourtant, il faut bien que j'avoue que la deuxième partie de saison a vu se développer davantage de jeu mais pour un résultat bien éloigné de la première partie où le catch-football faisait effet. Pour revenir au coach, il a vite senti que cela serait compliqué de jouer la montée, cela ne se résumant pas simplement comme le Président Jean-Pierre Caillot l'estime dans son interview réalisée par Alexandre Audabram sur France Bleu - https://www.francebleu.fr/sports/football/jean-pierre-caillot-1495265457 - à un pénalty raté contre Strasbourg... combien de gueulantes, de joueurs écartés, de compositions différentes occultant le facteur confiance du joueur sans parler de son attitude proche du pitoyable envers ses collègues, les arbitres ou les supporters sans se soucier des daubes qu'il nous proposait.

Le Stade de Reims 2016-2017 (on va saluer le travail du remplaçant de MDZ à la tête de l'équipe première, David Guion avec la CFA, les équipes de jeunes, les féminines sans oublier les analyses vidéos toujours aussi soporifiques de Jerôme Monier...) c'est pêle-mêle : un titre de meilleure pelouse de Ligue 2, le plus gros budget de la division (20 millions, autant que Strasbourg et Amiens cumulés) pour payer un golfeur, un arracheur de dents à coups de batte de base-ball, un international sénégalais qui va jouer chez un top 10 Liga l'an prochain (Eibar), un finaliste de Ligue Europa 2015 magnifique mais avec quelques problèmes psychologiques, etc etc. C'est aussi une Institution qui est respectée par le plus grand club de la planète, qui a eu la chance d'avoir l'un des trois plus grands joueurs français en son sein, un organisateur de road-trip pour équipes adverses (Lens et Amiens) histoire de passer la barre des 10000 supporters de moyenne à Auguste Delaune...

Sur le rectangle vert, nous finissons donc à une logique 7ème place avec 55 pts, 14 victoires, 13 nuls, 11 défaites, 42 buts pour (14è de L2) et 39 buts contre (3è). Le bilan est évidemment négatif, il faudra s'en relever en faisant différemment (Guion signé 3 ans est un premier signe de l'orientation renforcée du club envers sa formation) côté staff mais aussi du côté du recrutement. Comme Caillot je ne critiquerais pas les hommes qui n'ont eu que peu de marge de manoeuvre, à cause de la direction restreinte de Monsieur... Caillot. Un directeur du football n'est plus une nécessité, c'est devenu un instinct de survie pour Reims qui ne peut plus se permettre cet amateurisme sportif. Souhaitons leur bonne chance, nous ne pouvons plus qu'être surpris après tout !

Place aux joueurs, pas toujours mis en condition mais n'abusons pas non plus. Ils sont en bonne partie responsables de la situation. "Doudou" Mendy (8 matchs de L2-10 buts encaissés) et Nicolas Lemaître (2-1) ont fait le job, derrière un contestable mais pourtant renouvellé par le board, Johann Carrasso (29-28 buts encaissés seulement mais un pourcentage de boulettes édifiant). Défensivement, l'équipe a été solide les trois-quarts de la saison notamment le récompensé aux trophées UNFP, Julian Jeanvier (29 matchs-3 buts). Son association avec le capitaine dont on saluera le passage au club pendant sept ans, Anthony Weber (37-2-1 passe) n'a pas été si concluante que cela. Un Grégoire Amiot a fait illusion mais n'aura disputé que trop peu de rencontres (12-1). Sur les côtés, Samuel Bouhours (29-1) aura animé de nombreux débats dont les conclusions étaient toujours les mêmes... Oui il est probablement le pire latéral offensif de l'Histoire du club. Défensivement, accordons lui le mérite de se battre. Un placement dans l'axe à la Tacalfred pourrait être opportun ? Son concurrent direct, Atila Turan (15-2), souvent placé au milieu a fait un bon début de saison avant de faire du Atila Turan et de se heurter entre hommes de caractère, à Michel Der Zakarian. Ce dernier privilégiant après la CAN, de placer Hamari Traoré (31-2-1) à gauche et la recrue Romain Métanire (17 matchs) sur le flanc droit. Choix perdant, idem pour la formule du malien milieu droit. Au milieu, Jaba Kankava n'aura disputé que 20 matchs, quel gachis collectif ! Ses absences combinées à la blessure d'Antoine Devaux (14-1) jusqu'à Janvier, imité pour la fin de saison par Gaétan Charbonnier (18-3-2) auront fait pérécliter l'ambition d'un triangle régulateur du jeu, technique et clé de coûte de ce qui aurait pu nous emmener très haut. En effet, les batailleurs mais limités "Dany" (30-2-2), Hugo Rodriguez (25-0-2) et Aly Ndom (19-0-1) n'auront pas apporté autant qu'espéré... c'est pas moi qui le dit, c'est le Président himself ! Diego (32-4-8) aura eu un gros passage à vide au moment le plus important de la saison mais c'est franchement compliqué de lui jeté la pierre, un gravillon à la rigueur ? 9è passeur de la division, le brésilien sera le plus expérimenté des rouge et blanc la saison prochaine, sauf si Devaux reste (quelle tannée rien que d'y penser), et dans l'animation minimaliste du club, son bilan est bon surtout en comparaison de l'aile droite occupée par le soliste trottineur à mèche, Grégory Berthier (31-0-2). On sent qu'il a un truc, mais après une trentaine de matchs de sa part, j'arrive toujours pas à savoir quoi ! Odaïr Fortès et ses quatre petits matchs n'aura pas été d'une grande aide dans le turnover régulier de MDZ, il faudra espérer qu'il puisse retrouver un club malgré de gros pépins physiques. Si il passe la visite médicale comme Frédéric Bulot au SDR ça devrait aller. En pointe, alors que Pefok s'éclatait à Chateauroux (oui c'est possible même là-bas), titre en poche et cumulant 10 buts en 15 parties de National, l'apathie générale était de mise pour Ibra "Pascadabra" Baldé (21-2-3), Pablo Chavarria (27/7/2) meilleur buteur rémois (mais seulement 36è de L2), Rémi Oudin (24/4/1) et GreJohn Kyei (28/6/1). La "star" en provenance de Krasnodar ne pouvait faire preuve de ses qualités avec cette formule de jeu directe. Il est l'échec cuisant du recrutement de l'intersaison passée mais on ne peut pas l'exonérer totalement. Seule son association avec l'argentin Chavarria (qui a maintenu le SDR à flots en marquant six de ses sept buts sur la phase retour) laissait espérer mais MDZ a plutôt miser sur Kyei sur courant alternatif, lui aussi manquant à certains devoirs mais qui sous une direction de jeu différente, pourrait revenir au premier plan. Enfin Oudin aura été la révélation de la saison, l'arrivée de Guion à la tête de l'équipe pourrait le libérer totalement. A signaler les apports sporadiques des jeunes que nous reverrons prochainement... ou pas selon les contrats comme Vallier, Piechocki, Jung, Disasi sans oublier le retour de prêt de Kamara (15 matchs-2buts avec Créteil, 12è de National) qui mérite plus que 18 minutes de temps de jeu pour avoir une vraie chance.

Biensûr il y a eu des défections individuelles, mais c'est bien le collectif, de la Présidence aux joueurs qui a failli, encore, cette saison. Les deuxièmes parties de saison sont piteuses depuis 2014, pourquoi ? Le mental uniquement ? peut-être. Le manque de compétence et de compréhension des problèmes rencontrés par Fournier, Vasseur, Guégan puis Der Zakarian est inérant et anormal pour un club qui se veut ambitieux. Les analyses des déconvenues successives ont été ratées, laissant la place/le doute pour que cela se reproduise saison après saison. Le besoin de stabilité se fait sentir, nous allons donc progressivement revenir à un certain anonymat. Pierre après pierre le club va devoir se regénérer, le président en a annoncé les grandes lignes (staff, cellule de recrutement/scouting vont évoluer) pour que l'Horizon 2020 ne devienne pas une ineptie totale. Le lien avec les supporters se liquéfie, nous réclamons du jeu, le football champagne (à notre niveau) doit couler de nouveau dans les veines de la dite Institution, le projet de Musée doit revenir au goût du jour pour transmettre cette Histoire riche en épopées européennes, en titres nationaux mais aussi en échecs cuisants. L'histoire n'est pas linéaire, Reims a une grande culture foot contrairement à ce que l'on peut croire, oui, on pète plus haut que notre cul pour des titres qui remonte au Moyen Age du football mais on emmerde ceux qui pense cela. Car Nous sommes le Stade de Reims ! Cette saison aura été pour moi une torture footballistique, le jeu proposé loin de mes principes. Que l'on ne nous parle plus de budget pour créer, c'est un plus certain mais la compétence humaine vaut valeur d'or, alors investissons pour dénicher cette compétence. Amiens a misé sur le Héros de Luzenac et ne s'est pas trompé alors pourquoi pas Guion si on lui donne véritablement les moyens sportifs autour de lui et dans l'effectif qu'il aura a gérer... Je vais répéter ce que j'écrivais plus haut, cette saison a été une torture mais je ne manquerais pas l'ouverture de la saison prochaine en espérant finir au moins dans la nouvelle formule des plays-offs, pour rêver un peu. On le mérite bien non ? Cela prendra le temps qu'il faudra mais on sera là, car Nous sommes le Stade de Reims, parce que nous aimons aveuglément pour certains, parce que nous critiquons facilement ou de manière constructive pour d'autres. Nous sommes des passionnés, quelque soit la génération, souvent bien trop silencieux à Delaune mais c'est comme cela, on ne nous changera pas. Si retour du jeu il y a, Delaune se remplira au fur et à mesure, doucement mais sûrement car sans saveur le football n'est rien au Stade de Reims !

A travers plus de 130 articles sur ce blog depuis Août 2013, souvent critiques, parfois ironiques, remplis de jeux de mots plus pourris les uns que les autres, d'avis plus ou moins vérifiés dans le temps, j'ai été fier de vous proposer mes ressentis sur la vie de ce club. Quelques infos croustillantes auront été relayées grâce à des sources diverses. Vous avez été (le système de statistiques de overblog à l'air cohérent) en moyenne 350 à lire chaque article, plus de 50000 lecteurs cumulés ! Merci ! Je pense ouvrir un autre blog dans le futur mais par manque de temps, par, il faut bien le dire, moins d'activités/d'infos autour du club descendu en L2 mais aussi pour d'autres raisons plus symboliques. L'article sur le 20 Avril 2012 autour du but de Cédric Fauré contre Troyes nous propulsant quasiment en L1 à l'époque a été un énorme plaisir à écrire aux côtés de certains d'entre vous, de journalistes, de joueurs/membres du staff et surtout de Cédric lui même. Je pense, pour une fois que je n'ai pas le melon, ne pas pouvoir faire mieux. Autre symbole, plus personnel. Depuis 2008, je défends "la cause" perdue d'un peintre en batiment devenu international Cap-Verdien à une trentaine de reprises, ayant disputé une CAN, et surtout plus de 240 matchs au Stade de Reims. Souvent moqué pour ses qualités de finition et de centre au 28è poteau, Odaïr Fortès a toujours été humainement apprécié. Je ne l'ai jamais rencontré personnellement, peut-être pour ne pas casser le "mythe". Quand il avait signé en provenance d'Alfortville, je me souviens encore de ce pourquoi il avait été recruté. La percussion, les dribbles, la folie désordonnée de l'ailier qui allait passé neuf saisons en Champagne. Un joueur avec un style particulier qui le rendait unique à sa manière. Le 7 rémois aura laissé derrière lui l'héritage du centre pour Fauré contre Troyes, quelques buts mémorables du nez comme d'une frappe limpide des 35 mètres contre Rennes époque Vasseur sans oublier l'exploit de ridiculiser la défense du PSG en 2013 : https://www.youtube.com/watch?v=Neov9-6MUH4. Alors Merci Oda ! Sans occulter ses "quelques défauts" cela aura été un plaisir (et ça continuera sur twitter de peur que mes 1200 followers ne survivent pas, tiens le melon est revenu...) d'avoir été @OdaïrFortès7Fan et de vous avoir, de manière plus générale proposé mes articles sur HumeurFoot, devenue une petite institution au sein de la grande (j'ai attaqué les chevilles). A très bientôt et n'oubliez pas, quelque soit notre démarche de supporter, Nous sommes le Stade de Reims :))))))))

Thibaut Dufour

photo : Vincent Lapauw - site off Stade de Reims

Le bilan du SDR : Echec et Match.

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GP 05/06/2017 20:11

Pour le record de poteaux, je pense qu'il est essentiellement dû à la faiblesse des attaquants rémois. Plus vous êtes mauvais, moins vous êtes précis dans les tirs, plus les ballons se rapprochent des poteaux... et plus vous touchez les poteaux. Il serait intéressant de connaître le ratio "tirs cadrés/nbr de poteaux", il doit être extrêmement mauvais.

pedro 25/05/2017 09:23

Merci de nous avoir fait partager toutes ces chroniques et ta passion pour notre club préféré.
A bientôt.

Jimmy 23/05/2017 21:20

Tu vas nous manquer putain...